L’aide de l’Ayurveda et la Médecine Chinoise dans les différentes phases de la vie d’une femme

Au cours de sa vie, une femme est soumise à d’importants changements physiques et physiologiques dont les hormones sont principalement responsables. Chacune des altérations influe sur l’équilibre de ses doshas (selon l’Ayurveda) ou de ses méridiens ou organes (pour la Médecine Traditionnelle Chinoise, ou MTC).

À cet effet, les médecines ayurvédique et chinoise ont des solutions adaptées à chaque étape et de manière individuelle car toute femme ne réagit pas de la même façon aux changements hormonaux.

Chloé Tissot-Daguette, acupunctrice de la MTC et Bérénice Bernal, praticienne en massages ayurvédiques et thérapeutiques, vous présentent les approches de ces deux médecines traditionnelles dans l’article ci-dessous.

Les premières règles

L’adolescence, c’est aussi le premier cycle menstruel, la découverte de l’attraction sexuelle, l’envie de dépassement et l’affirmation de soi. Il n’est pas rare d’entendre dire d’une jeune fille qu’elle s’enflamme.

D’un point de vue ayurvédique, il en retourne exactement de cela. Pitta dosha peut causer une myriade de symptômes inflammatoires, de chaleur. Il régit la fonction digestive (de transformation), mais aussi celle des glandes sébacées, du système sanguin et lymphatique, et des yeux. Maintenir Pitta en équilibre, c’est tout d’abord prêter attention à son alimentation : éviter la nourriture acidifiante, salée et épicée pour favoriser une alimentation neutre, amère et astringente. Il est ainsi préférable de prendre ses repas à des heures régulières, sans en-cas, avec des portions plus importantes au petit déjeuner et au souper. La clé de la réussite pour Pitta : la modération, tant dans ses propres buts personnels que professionnels. Une huile rafraîchissante pour le massage favorise son apaisement.

En Médecine Traditionnelle Chinoise, la physiologie de la Femme est centrée autour du sang. Le rein, certains méridiens extraordinaires (le Renmai et le Chongmai essentiellement) ainsi que les spécificités anatomiques féminines sont également essentiels à considérer. À l’âge de quatorze ans il est dit qu’une substance vitale, le Tiankui, trouvant son origine dans le rein, arrive à maturité alors que le Renmai et le Chongmai prospèrent. Cette étape correspond à l’arrivée de la menstruation chez la Femme. En plus du rein, le bon fonctionnement du foie qui domine l’aspect cyclique, mais aussi de la rate qui produit notamment le sang, assurent  une menstruation régulière indolore. Des dysfonctions de ces différents organes peuvent induire douleurs menstruelles, aménorrhées, céphalées, troubles digestifs etc. Rétablir l’équilibre physiologique, c’est d’abord comprendre quel-s organe-s, substance-s vitale-s et méridien-s sont impliqués dans une pathologie.

La grossesse

Dans ces deux médecines traditionnelles, la grossesse est un moment important de réunion entre deux individus.

Caractérisée par une énergie de transformation, c’est le Vata dosha qui domine cette phase de vie. La qualité énergétique, du Prâna (souffle), lors de la grossesse offre stabilité à la future mère, mais un dérèglement de Vata peut engendrer crises d’anxiété, troubles digestifs, douleurs posturales, etc. Des massages quotidiens sont vivement conseillés, ainsi qu’une alimentation qui aide à stabiliser Vata dosha. Ainsi, l’enfant et la mère vivront cette expérience harmonieusement.

En MTC, la réunion des substances essentielles (Jing) de la Femme et de l’Homme lors de la conception annonce le début de la grossesse. L’arrêt de la menstruation permet au sang de nourrir le fœtus pendant tout le développement prénatal. Ce dernier peut altérer la circulation du Qi et du sang dans tout l’organisme de la future mère. Sa constitution favorise l’apparition de certains troubles. De nombreuses études ont démontré l’efficacité de l’acupuncture dans le traitement de troubles de la grossesse (nausées, vomissements, douleurs lombaires, insomnies) et ont aussi mis en lumière son intérêt pour favoriser la préparation à l’accouchement (placement du fœtus dans la meilleure position pour l’accouchement, etc.)

La ménopause

En Ayurveda la ménopause marque le début d’une transition vers une période de vie Vata. Rappelons que la fonction endocrine est elle aussi dominée par Vata. Le potentiel à ce dosha de créer un déséquilibre est d’autant décuplé qu’il régit le mouvement : par son biais, il est également responsable du bon fonctionnement de Pitta et Kapha. Sa principale fonction se concentre sur le colon, ainsi que les organes de sens tels l’ouïe et le toucher. Respecter Vata dans l’alimentation c’est lui procurer de l’ancrage au travers de céréales, d’oléagineux, d’huile. Dans le cas spécifique de la ménopause, il est conseillé de se tourner vers une alimentation végétarienne/végétalienne. Les goûts amers, astringents et épicés pour augmenter la chaleur seront à favoriser, plutôt que les aliments neutres, acides et salés qui accentueraient le dessèchement propre à Vata. Les repas se font à heures régulières et en modération, avec des en-cas si besoin. Pour ses objectifs personnels et professionnels, il est important de garder une ligne directrice en évitant tout stress. Peu de sport est nécessaire à Vata, des massages réguliers lui sont plus bénéfiques.

La ménopause, vue par la MTC, est une expression de l’affaiblissement des fonctions du rein, de l’insuffisance des méridiens extraordinaires Renmai et Chongmai, et de l’épuisement de la substance Tiankui. Si ces changements sont physiologiques, il arrive que des déséquilibres entre le Qi et le sang, le Yin et le Yang surviennent. La Femme subit alors bouffées de chaleur, vertiges, maux de dos, acouphènes, vertiges, œdèmes, troubles digestifs. En soutenant le rein, les organes et méridiens impliqués, l’équilibre sera rétabli.

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